Intitulé de l’UE et de l’EP : UE A2 Fondamentaux en HN, EP Anthropologie du numérique
- Niveau et semestre : M1, S2
- Nom de la mention : Humanités Numériques
- Nom du parcours type : Tronc commun
- Composante gestionnaire : Enssib
- Nom du responsable : Agnieszka TONA / Pascal ROBERT
- Statut du responsable : MCF / PR
Description
Objectifs
Si une anthropologie du numérique est possible elle ne peut que s’inscrire dans une histoire ou, à tout le moins dans un perspective historique que l’on peut déployer à deux échelles : celle, relativement courte, de l’histoire des technologies de l’information et de la communication et celle, bien plus vaste, des technologies du document.
La première partie de ce cours va donc présenter les enjeux politiques et gestionnaires du développement des TIC depuis maintenant un peu plus de deux siècles. Car ce qu’il y a d’information et de communication dans ces technologies nourrit pleinement une logique de « gestionnarisation » de la société (Robert 2004 et 2014) qui ne cesse de s’étendre depuis la fin du XVIII°s. Encadrées par les différents régimes juridiques et économiques de régulation, soutenue par le processus de rationalisation, les TIC en constituent le bras armé technologique. Or, la technologie n’est pas neutre, ni dans sa conception, ni dans son déploiement. Et les technologies qui mémorisent, traitent et diffusent de l’information moins encore que les autres, dès lors qu’elles possèdent inévitablement de fortes relations aux pouvoirs. Nous verrons comment se sont croisées et mutuellement amplifiées les logiques technico-scientifiques, économico-gestionnaires, juridico-politiques et géopolitiques dans les domaines des télécommunications, de l’informatique et de l’internet au cours de ces deux derniers siècles.
*La deuxième partie opère une double mouvement de concentration, sur un objet singulier et de dilatation temporelle au-delà de l’époque contemporaine. En s’appuyant sur l’exemple du document, elle vise à faire comprendre aux étudiants dans quelle mesure la technique, et plus particulièrement les transformations liées au numérique affectent aujourd’hui la nature même du document. Elle met l’accent sur les principaux changements et innovations « technologiques » à travers les siècles, qui ont eu un impact aujourd’hui, c’est-à-dire à « l’ère du numérique », sur la forme, la structure et l’usage du document. Quatre grands moments dans l’histoire du document seront étudiés : le passage de l’oralité à l’écriture, du volumen au codex, du manuscrit à l’imprimé, et du document analogique au document numérique.
Ces moments importants dans l’histoire du document seront examinés à travers l’exemple du livre qui – en tant que résultat de siècles de perfectionnement – illustre complètement les ruptures et continuités formelles subies par le document depuis ses origines. Les différentes évolutions socio-historiques du document seront analysées tant en termes de changements de supports et de techniques que de pratiques de lecture. La démarche proposée est celle d’une étude diachronique où l’on suit le livre à travers le temps, avec des allers-retours sur les techniques. Les questions abordées mobilisent une approche pluridisciplinaire en anthropologie des savoirs, en histoire du livre et en sociologie de l’innovation et des usages.
Modalités de contrôle des connaissances
Épreuve écrite